Le 2 août 1914, en prévision de la guerre européenne, l'Allemagne occupe le grand-duché du Luxembourg et somme la Belgique de laisser aussi passer ses troupes, mais son ultimatum est rejeté par le gouvernement du roi Albert 1 er. 

Le lendemain, l'empereur Guillaume II déclare la guerre à la France et son chef d'état-major, Ludwig von Moltke, met aussitôt en application le plan Schlieffen, lequel prescrit d'écraser la France avant que la Russie n'ait achevé de concentrer ses troupes à ses frontières, et pour cela d'envahir la Belgique au mépris des traités internationaux qui garantissent sa neutralité depuis 1831.

      Le 4 août 1914, vers 8 heures du matin, la neutralité belge est violée. Les troupes du Kaiser foncent sur Liège où elles sont confrontées à une résistance militaire inattendue. Le dernier fort tombe le 16 août, tandis que ceux de Namur sont pris entre les 21 et 24 août. L’armée belge se replie sur Anvers, qui résiste jusqu’en octobre. Puis, elle évacue en direction de l’Yser où, avec l’aide des Alliés, la progression allemande est arrêtée.

    Au début du conflit, l'armée belge compte 200 000 hommes hors la garde civile. Les premiers mois de l’année 1915 sont propices à une réorganisation. L’armée se renforce de 34 000 nouvelles recrues, formées dans les camps de Normandie. Il s'agit essentiellement des volontaires provenant du territoire non-occupé ou de l’étranger. Au total, plus de 60.000 hommes seront appelés sous les drapeaux durant toute la durée du conflit. À ceux-ci s’ajoutent les 32 000 volontaires de guerre qui ne cessent d’affluer de Belgique occupée ou de l’étranger pour rejoindre la troupe. Durant ce conflit la Belgique aura mobilisée 400 000 hommes

      En marge de l’invasion, les Allemands organisent l’occupation de la quasi-totalité du territoire. Leur objectif est double. Il s’agit d’une part de maintenir l’ordre sans mobiliser trop d’hommes à l’arrière et d’autre part d’utiliser les ressources économiques du territoire au profit de l’Allemagne, à travers une politique d’annexion ou de vassalisation des territoires belges.

      Suite à l’offensive victorieuse de septembre 1918, le roi, son armée et les troupes alliées entrent dans les villes libérées.

      À l'issue du traité de Versailles, la Belgique créa sa médaille de la victoire le 14 juillet 1919 pour honorer le personnel militaire et civil, tels que les médecins civils et les infirmières des hôpitaux militaires, qui ont fait partie de l'armée mobilisée pendant la période du 1er août 1914 au 11 novembre 1918. Par la suite, différents décrets viendront modifier les modalités d'attribution de cette médaille.

      Cette médaille est l’œuvre du sculpteur « Paul Du BOIS ». Sur l'avers, on trouve la victoire ailée avec la signature du sculpteur. Au revers, on trouve une couronne de feuilles de chêne entourant les blasons de la France, des Etats-Unis, du Japon, de la Grèce, du Brésil, du Portugal, de la Serbie, de l'Italie et du Royaume-Uni qui eux-mêmes entourent les armoiries du royaume de la Belgique. On trouve aussi une inscription en français et en néerlandais « la grande guerre pour la civilisation ». Cette médaille, principalement le modèle officiel de type 1 a été fabriquée par les établissements Jules Fonson.

 

      Il existe deux modèles provenant de Tchécoslovaquie, l'un est l’œuvre du sculpteur Alexander LEISEK ( LA) et l'autre, d'après Alexander LASLO est d'Edward RIEMER « R »ce qui est une erreur. Il s'agit du bijoutier Eduard RIEMER.

 

      Il existe aussi une version de cette médaille avec le marquage « MADE IN FRANCE ».

      La barrette pour les mères a ensuite été promulguée par un arrêté royal du 21 avril 1920. L'arrêté stipulait que l'insigne porté par les mères serait une barrette émaillée noire de 36 mm de long et 3 mm de large entourée d'un cadre en argent de 5 mm de largeur. La barrette est de type coulissant,  placée au milieu du ruban. De plus, la barrette devait être portée sur le ruban de suspension à l'exclusion de tous les autres dispositifs de ruban, tels que les divers dispositifs établis pour la médaille commémorative de guerre. Les « barrettes de mère » authentiques que j'ai pu examiner mesurent de 4 mm de largeur et un peu moins de 38 mm de longueur, ce qui indique que les barrettes fabriquées n'étaient pas exactement conformes aux dimensions spécifiées par l'arrêté royal.

      Le ruban est conforme aux prescriptions, la largeur est de 36 mm.

      Il existe un diplôme plus couramment appelé brevet, on le trouve en langue française, néerlandais et bilingue (français-néerlandais) . On trouve différentes variantes de ce brevet, pour ma part, je les ai énumérés par type, cet ordre chronologique est personnel.

      En matière d'attribution, l'estimation de 300 000 à 350 000 évoquée par Alexander LASLO est correcte.

 

INVENTAIRE DES DIFFÉRENTS MODÈLES 

Modèle officiel type 1, en bronze, diamètre 36,44 mm.

Modèle officiel type 1, en vermeil, marquage "A" sur la tranche, diamètre 36,00 mm (TRÈS RARE)

Modèle officiel type 1, en bronze, diamètre 36,29 mm, (bélière décalée).

Modèle officiel type 1, en bronze, diamètre 36,16 mm, (bélière cuivre).

Modèle non-officiel type 1, en bronze, diamètre 36,91 mm, fabrication tchécoslovaque, (marquage « LA » au centre de la couronne de lauriers à l'avers et sous la couronne des armoiries de la Belgique au revers.

Modèle non-officiel type 1a, en bronze, diamètre 36,61 mm, fabrication tchécoslovaque, (sans la signature du sculpteur à l'avers et marquage « LA » sous la couronne des armoiries de la Belgique au revers.

Modèle non-officiel type 2, en bronze, diamètre 37,30 mm, fabrication tchécoslovaque,(sans la signature du sculpteur à l'avers et marquage « R » sous la couronne des armoiries de la Belgique au revers.

Reproduction type 1, en bronze, diamètre 36,00 mm.(marquage « Bronze » et poinçon « JB» fabrication française « JANVIER-BERCHOT ». Il existe deux types d'écriture du mot « BRONZE ».

Reproduction type 2, surmoulage en bronze, diamètre 36,68 mm, absence de signature du sculpteur, bélière particulière. (RARE)

Réduction en bronze avec barrette pour les mères.

Réduction en argent.

BREVETS

Brevet type 1, en français, imprimé noir :

Brevet type 1, en français, imprimé marron :

Brevet type 1, en néerlandais, imprimé marron :

Brevet type 2, en français, imprimé vert :

Brevet type 3, bilingue .

Brevet type 4, bilingue, attribution  le 9 août 1919.(RARE)

Brevet type 5, en néerlandais, attribution précoce le 8 août 1919. (RARE)

Brevet type 5, en français :

Brevet type 6, en français .

Brevet type 7, en français,(RARE).

Brevet type 8, en français, double attributions de médailles .

Récépissé de remise de la médaille de la victoire.

Document indiquant que l'intéressé a reçu "le bijou de la Médaille de la Victoire".